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L’automatisation et les nouvelles compétences seront le moteur de l’audit des dix prochaines années : discussion

De Mike Martin

 

Au cours des dix prochaines années, les équipes d’audit auront des compétences plus diversifiées, deviendront de plus en plus compétentes en matière de technologie et s’adapteront pour répondre aux nouvelles demandes et réglementations du marché. Telles sont les principales prévisions de deux spécialistes de l’audit, cités dans un webinaire Accounting Today intitulé The Audit in 10 Years (l’audit dans 10 ans).

 

Les équipes d’audit de l’avenir ne ressembleront pas du tout à celles d’aujourd’hui, estime Demetrios Frangistakos, directeur des méthodes d’analyse et nouvelles chez BDO USA. Alors que les équipes sont traditionnellement composées de généralistes qui traitent tout, la profession a connu une évolution au cours des dernières années, qui s’accélérera pendant les dix prochaines années. 

 

La demande d’experts dans des domaines comme la finance d’entreprise et la fiscalité se poursuivra, estime M. Frangistakos. Mais les auditeurs généraux devront également avoir des compétences différentes tandis que la technologie prend une place de plus en plus importante dans les audits. 

 

Par exemple, les équipes d’audit devront avoir une expertise en gestion de projets, en analyse de données, en modélisation de données et en rédaction de scripts. 

 

« Les auditeurs traditionnels n’existeront plus, ajoute M. Frangistakos. Ils seront intégrés à la pratique de l’assurance parce qu’ils créeront des choses que d’autres exécuteront ».

 

La composition de l’équipe d’audit n’a pas beaucoup changé au fil du temps, estime John Farrell, directeur de la stratégie et de la transformation de l’audit à KPMG. Généralement, elle ressemblait à une pyramide, un associé étant au sommet, la haute direction en dessous, et le personnel à la base. Cela change maintenant que les équipes ont besoin d’autres compétences. 

 

« Les équipes sont plus diversifiées, commente-t-il. Il y a plus de rôles dans l’équipe qui répondent à des spécialisations uniques. Cela va nous forcer à nous éloigner de cette pyramide ». 

 

L’automatisation de l’audit s’accélérera 

 

Le principal moteur qui sous-tiendra les changements dans l’audit au cours des dix prochaines années sera la technologie, s’accordent MM. Farrell et Frangistakos. Les ensembles de données jouent déjà un rôle important dans l’audit, qui augmentera de manière importante dans les prochaines années, ce qui entraînera une automatisation accrue des tâches d’audit courantes. 

 

« Dans 10 ans, des changements importants permettront d’éliminer les efforts courants des auditeurs, pense M. Frangistakos. Tout sera radicalement différent, on se concentrera sur des éléments qui exigent plus de jugement, d’analyse des tendances et de prévisions ».

 

Il ajoute qu’il ne faut pas voir la technologie comme une menace pour les auditeurs, mais comme un outil qui améliore le processus d’audit. 

 

« La question se pose toujours de savoir si elle élimine la nécessité de l’audit, remarque-t-il. Je pense que c’est plutôt le contraire. On aura besoin de personnes ayant des compétences différentes, qui réaliseront ces audits ». 

 

Un monde de l’audit plus virtuel

 

La technologie n’a pas des effets seulement sur l’aspect analytique du rôle d’un auditeur. Elle modifie également la façon dont il travaille avec les clients. Les innovations soutenant le travail à distance, comme les lunettes intelligentes que les clients peuvent porter pour montrer des vidéos en direct des stocks aux auditeurs, existent depuis des années. Avant le début de la COVID-19, l’industrie de l’audit ne les avait toutefois pas beaucoup adoptées parce que, explique M. Farrell, « c’est difficile de modifier les comportements. Mais pendant la pandémie, nous n’avions pas le choix de changer, parce que nous ne pouvions plus aller physiquement chez les clients ».  

 

Pendant la pandémie, KPMG a créé des salles d’audit virtuelles pour ses équipes. Les auditeurs sont habitués à un modèle d’apprenti, où les nouveaux auditeurs peuvent apprendre auprès des personnes plus expérimentées avec lesquelles ils travaillent. 

 

« Nous avons perdu cela pendant la pandémie, parce que nous n’étions pas physiquement dans une salle d’audit en train de faire un audit ensemble », explique M. Farrell. La salle d’audit virtuelle permet aux membres des équipes de travailler ensemble grâce à l’audio et à la vidéo, de poser des questions et d’y répondre comme s’ils étaient dans une salle d’audit physique. 

 

Elle facilite également les conversations avec les clients. « Aussi simple que cela paraît, elle nous a vraiment aidés à nous adapter à la situation », confie M. Farrell.

 

Alors que les restrictions liées à la pandémie s’assouplissent, les audits physiques commencent à reprendre. Mais les clients ne se précipitent pas tous pour revenir à un modèle de salle d’audit physique. 

 

Seul le temps dira si l’audit virtuel gagnera en popularité, pense M. Farrell. « Certains clients nous encouragent à revenir, d’autres non, explique-t-il. J’ai hâte de voir comme cela évoluera ».

 

Les nouveaux employés, moteurs du changement

 

La nécessité d’attirer de nouveaux employés est également à l’origine de l’adoption de technologies, font remarquer les deux participants. 

 

« Pour les gens qui arrivent aujourd’hui dans la profession, le monde entier tourne autour de leur téléphone, affirme M. Farrell. Ils sautent sur un ordinateur et sont peu impressionnés par ce qu’ils voient dans les systèmes des clients et du cabinet. Il y a une énorme demande de telles personnes, parce que les employés de nos cabinets sont notre atout le plus important. Si nous ne commençons pas à réfléchir à ce qu’ils attendent, à y répondre et à les servir, nous les perdrons ».

 

BDO USA sonde sa main-d’œuvre pour découvrir les technologies utilisées par les employés. Le degré d’adoption de l’automatisation est beaucoup plus élevé parmi les employés qui ont obtenu leur diplôme dans les cinq dernières années, fait remarquer M. Frangistakos. 

 

« Les gens travaillent et digèrent l’information différemment et ils ont une capacité à progresser dans leur manière d’exécuter. Toute la profession de l’audit et toute l’expérience de l’audit doivent changer pour la nouvelle main-d’œuvre qui arrive ». 

 

Les facteurs non matériels compteront

 

M. Farrell et M. Frangiastakos pensent qu’au cours des dix prochaines années, les facteurs non matériels que les auditeurs sont censés couvrir augmenteront. Les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) feront l’objet d’une attention particulière. Les parties prenantes voudront comprendre la durabilité générale d’une entreprise et plus seulement son historique financier. Les audits sur des domaines comme l’équité raciale, le changement climatique et la cybersécurité seront courants.

 

Les auditeurs devront également auditer les technologies comme les grands livres électroniques, les systèmes et les contrôles pour s’assurer que les données qui sont produites constituent une représentation véritable des opérations d’une organisation. Les deux participants à la discussion croient que le travail produit par l’information non financière pourrait représenter près de 50 % d’un audit. 

 

« C’est difficile de prédire l’ampleur, mais 30 à 50 % ne me surprendraient pas, dit M. Frangiatakos. Je pense que les organismes de réglementation pousseront les entreprises à fournir plus de renseignements et à les analyser différemment ».

 

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Mike Martin est rédacteur de contenu marketing chez Caseware. Il était auparavant rédacteur en chef d’une revue sur les TI et a une longue expérience en matière de recherche et de rédaction sur les technologies d’entreprise. Chez Caseware, Mike s’intéresse aux principaux problèmes actuels touchant les auditeurs et les comptables et sur la manière dont les technologies avancées peuvent les aider à obtenir de meilleurs résultats.