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La chaîne de blocs et les auditeurs : il est impossible de ne rien faire

De Mike Martin

 

La technologie de la chaîne de blocs a le potentiel de simplifier la vie des auditeurs externes et internes en leur offrant un accès à des trésors de renseignements numériques qui peuvent simplifier la gestion du risque, le suivi de la conformité et l’automatisation, selon le consultant et expert de l’audit Ian Kirton. 

 

M. Kirton a récemment animé un webinaire Caseware intitulé « The Impact of Blockchain on Audit: Part 2: Your Guide to Auditing Blockchain » (l’incidence de la chaîne de blocs sur l’audit, partie 2 : guide de l’audit de la chaîne de blocs). (Pour obtenir un résumé du premier webinaire de M. Kirton, voir Why Blockchain is Becoming Crucial for Internal Auditors [pourquoi la chaîne de blocs devient cruciale pour les auditeurs internes]).

 

« La chaîne de blocs modifiera la façon dont on évalue les risques, dont on mène le travail de terrain et dont on produit des rapports, affirme M. Kirton. Elle offrira également quelques occasions d’automatiser le processus d’audit, parce qu’il sera possible de sonder l’intégralité des transactions. Il faut donc commencer à penser aux effets directs, aux menaces et aux occasions pour les processus existants ».

 

Avantages de la chaîne de blocs pour les auditeurs

 

La technologie de la chaîne de blocs offre un historique complet et sécurisé des transactions avec une référence temporelle, des renseignements sur la propriété des actifs et des liens vers les transactions connexes. 

 

« Cela fait plaisir aux auditeurs, pense M. Kirton. Nous pourrons avoir la main sur l’ensemble du dossier de manière électronique pour faire notre travail d’audit ».

 

Les auditeurs peuvent accéder aux renseignements sur la chaîne de blocs pour les clients internes ou externes de deux manières différentes, explique M. Kirton. Il est possible d’obtenir un accès direct à l’ordinateur qui contient une copie complète de l’enregistrement de la chaîne de blocs. Il est également possible d’utiliser un outil d’interface de programmation d’applications (API), accessible par les utilisateurs autorisés par leur organisation, afin d’extraire les renseignements sur la chaîne de blocs dans Excel, ou dans une solution d’analyse de données plus évoluée comme Caseware IDEA

 

La combinaison des renseignements détaillés dans une chaîne de blocs et de l’analyse et de l’intelligence artificielle ouvre la porte à l’automatisation et à la surveillance en temps réel des transactions, fait remarquer M. Kirton. « Si vous êtes en conformité, vous pouvez commencer à automatiser la liste des anomalies. Nous parlons d’avoir accès à l’intégralité des données. Alors, pourquoi ne pas utiliser les solutions de chaîne de blocs et les incorporer à votre stratégie d’analyse de données ? »

 

Chaîne de blocs : une technologie transformationnelle

 

M. Kirton pense que la chaîne de blocs a le potentiel de transformer l’audit externe. Il a remarqué que les auditeurs externes rapprochent souvent des enregistrements détenus par les entreprises individuelles. Et pour une transaction typique, les auditeurs doivent essayer de rapprocher les enregistrements entre les différentes entreprises et les différents documents comptables, ce qui peut constituer un obstacle, car les systèmes utilisés par les différentes organisations peuvent être très différents. 

 

« Imaginez maintenant si toutes ces entreprises partageaient un grand livre commun et que lorsqu’elles enregistrent quelque chose dans leurs journaux internes, la transaction est reportée dans un grand livre partagé, accessible par tout le monde. C’est ça, la chaîne de blocs. Cette transparence est très utile pour l’audit externe. Vous passez moins de temps à faire des demandes de renseignements pour essayer de rapprocher les différences entre les soldes, et vous obtenez des renseignements en temps réel au moment où une entreprise saisit une écriture ».

 

La chaîne de blocs a également le potentiel de simplifier la conformité pour les auditeurs. La capacité de la technologie à montrer en toute transparence les transactions du début à la fin est un avantage considérable pour le suivi des sanctions contre des pays, des entreprises ou des particuliers, ainsi que pour la détection du blanchiment d’argent. 

 

Elle est également idéale pour faire le suivi des facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), estime M. Kirton. « Imaginez que vous êtes capable d’accéder aux données qui montrent les pays, les entreprises, les produits, les ingrédients qui passent dans les livres de votre entreprise et que vous pouvez utiliser ces données pour des objectifs de conformité plus larges ».

 

Évaluation des risques et changements des processus

 

Une partie du rôle d’un auditeur consiste à comprendre le risque. Et la chaîne de blocs soulève de nouvelles considérations dans ce domaine, explique M. Kirton. Par exemple, un auditeur de gestion peut avoir besoin de réfléchir à la manière dont la chaîne de blocs change les processus et à l’endroit où les données sont stockées. 

 

La sécurité de la chaîne de blocs est également une préoccupation. Les auditeurs doivent s’assurer que les clés de chiffrement qui permettent aux utilisateurs d’accéder aux données de la chaîne de blocs sont protégées. Et ils doivent également auditer les contrôles de la gouvernance de ces clés, ainsi que les risques lorsque les organisations connectent une nouvelle technologie aux systèmes informatiques principaux existants.

 

Et les auditeurs doivent tenir compte des incidences que peut avoir la chaîne de blocs sur leurs processus actuels. Par exemple, les comités d’audit peuvent avoir besoin de faire appel à des conseillers supplémentaires pour obtenir une expertise sur la technologie. Et il peut être utile de modifier les chartes d’audit pour donner aux auditeurs un accès aux nouveaux enregistrements mis à disposition par la chaîne de blocs.

 

Les auditeurs doivent commencer maintenant à réfléchir à l’incidence de la chaîne de blocs sur leur organisation, ainsi qu’à évaluer les risques et les occasions, estime M. Kirton. 

 

« Il est impossible de ne rien faire », croit-il. « Vous finirez par être concerné directement ou indirectement. C’est donc le moment de comprendre comment l’utiliser ».

 

Mike Martin est rédacteur de contenu marketing chez Caseware. Il était auparavant rédacteur en chef d’une revue sur les TI et a une longue expérience en matière de recherche et de rédaction sur les technologies d’entreprise. Chez Caseware, Mike s’intéresse aux principaux problèmes actuels touchant les auditeurs et les comptables et sur la manière dont les technologies avancées peuvent les aider à obtenir de meilleurs résultats.