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Les points de vue de M. Cangemi : Introduction aux chaînes de blocs et potentiel pour les analyses avancées

« Nous n’y sommes pas encore, mais dans moins de dix ans, je pense que la technologie derrière Bitcoin transformera entièrement la profession comptable. Quelle est cette technologie ? La chaîne de blocs », affirme Ryan Lazanis, fondateur de Comptabilité XEN, un cabinet comptable du Québec (Canada), dans un article intitulé How Technology Behind Bitcoin Could Transform Accounting As We Know It (comment la technologie derrière Bitcoin peut-elle transformer la comptabilité telle qu’on la connaît).

 

L’article de Lazanis a été publié il y a quatre ans et après l’avoir lu, j’ai été conquis par le concept de la chaîne de blocs. J’ai depuis lu de nombreux articles et livres sur le registre des chaînes de blocs. Depuis lors, après être entré au comité consultatif de l’audit d’un fabricant de logiciels progressif, Libra Tech, et avoir eu des discussions avec le corps professoral du conseil consultatif du laboratoire d’audit continu et d’information de la Rutgers University, lequel utilise CaseWare IDEA, j’ai appris beaucoup de choses sur les avantages et les vulnérabilités des contrôles de la chaîne de blocs.

 

Alors comment la technologie derrière Bitcoin va-t-elle transformer la comptabilité ?

 

Dans l’article de 2015, la chaîne de blocs était décrite ainsi : « La chaîne de blocs est un registre public, décentralisé, distribué qui est capable de stocker et de confirmer les opérations qui passent par elle. Cela signifie que le registre n’appartient à quiconque ou n’est contrôlé par aucune partie. Le contrôle du réseau, ou protocole, est plutôt distribué entre les utilisateurs du réseau. Lorsque les opérations parviennent à la chaîne de blocs, elles sont confirmées comme vraies et exactes par les utilisateurs du réseau appelés des mineurs. »

 

Cela ressemblait à un système qui se vérifie lui-même, et de nombreux comptables industriels ont commencé à la considérer comme un nouvel ordre mondial pour l’audit. À titre de CPA, j’étais attiré par le terme registres et je pensais que cette technologie de registre novatrice remplacerait tous les livres comptables.

 

Nous avons toutefois appris qu’il y avait encore plus à découvrir. Alors que le processus de confirmation des opérations exécuté par les mineurs est acceptable pour Bitcoin, cela est toujours en cours d’étude.

 

La chaîne de blocs est un système de registre distribué existant sur de nombreux ordinateurs, doté de certaines nouvelles fonctionnalités de contrôle; elle est une évolution logique axée sur les nouvelles capacités informatiques. Ces nouvelles fonctions essentielles, parmi d’autres attributs comme l’élimination des intermédiaires pour les opérations, entraîneront l’adoption à grande échelle de cette nouvelle technologie.

 

En particulier, cette technologie propose également de l’information qui peut aider les auditeurs lors de l’évaluation de l’élément probant d’opérations consignées. Comme nous le savons, un audit impose d’évaluer des opérations justifiées par un élément probant qui doit être convaincant, pertinent et exact. Cet élément probant de l’audit peut être produit lors de l’acceptation d’une opération de chaîne de blocs, comme au moment de l’opération. Par exemple, lorsque nous faisons un achat au moyen de Bitcoin, le transfert de fonds est consigné dans la chaîne de blocs. Il n’est toutefois pas possible de produire tous les éléments probants pertinents, comme la confirmation que le produit a bien été livré.

 

Comme de nombreux articles au sujet de la chaîne de blocs, celui-ci commence et s’axe autour de la chaîne de blocs de Bitcoin. C’est logique, car la technologie de la chaîne de blocs a d’abord été lancée dans le cadre du tristement célèbre Bitcoin, une monnaie numérique ou cryptomonnaie. Il s’agit de deux sujets distincts, mais liés ! Les registres distribués existaient bien avant la chaîne de blocs de Bitcoin. Comme Bitcoin est une nouvelle monnaie, et que la confiance était essentielle, tout comme l’était l’élimination des intermédiaires, le fondateur a lancé une nouvelle technologie de registre distribué, dans laquelle la confiance est apportée par de nombreux utilisateurs ayant une copie du registre. Ce système rend les opérations immuables – concrètement, il est impossible de les modifier. Cela est possible grâce à un code de hachage unique pour chaque opération consignée dans un journal intégré et à de nombreuses autres fonctionnalités de contrôle.

 

De nombreuses personnes ont d’abord pensé que ces contrôles permettraient de se passer des audits. Cela n’est toutefois pas vrai. Bien que la chaîne de blocs puisse enregistrer de l’information pertinente, l’opération peut également être non autorisée, mal classée dans les états financiers ou liée à une convention accessoire qui se trouve « hors de la chaîne. » Même si les opérations sont enregistrées dans la chaîne de blocs, les auditeurs doivent quand même faire une analyse régulière des audits des états financiers.

 

La chaîne de blocs n’évite peut-être pas aux auditeurs d’évaluer les opérations, mais elle peut transformer la façon dont ils conduisent des audits des états financiers. L’élément probant qu’apporte la chaîne de blocs permettra aux auditeurs de se consacrer à des analyses, à l’automatisation et de profiter des capacités de l’apprentissage machine. Il sera possible de signaler automatiquement les opérations inhabituelles en temps réel. La chaîne de blocs peut également être utilisée pour produire et envoyer des confirmations et stocker des pièces justificatives, comme des contrats, des ententes, des relevés bancaires, des bons de commande et des factures. Si l’on offre ces capacités techniques aux auditeurs, la durée du cycle complet de l’information financière et de l’audit peut être accélérée.

 

En bref, nous aurons besoin de nouveaux types d’audits, mais les livres comptables traditionnels actuels demeureront un certain temps. Finalement, il faudra adopter un aspect des registres distribués afin de profiter des fonctionnalités de contrôle récemment ajoutées.

 

Nous étudions encore la manière dont nous conduirons les audits à l’avenir. Ce qui est toutefois certain, c’est qu’ils intégreront l’analyse et la surveillance continue. Je pense que les contrôles de la chaîne de blocs comprendront probablement la technologie d’analyse existante de fabricants de logiciels spécialisés comme CaseWare IDEA. L’analyse et la surveillance continue devenant de plus en plus précieuses, tous vos utilisateurs actifs seront bien positionnés. De plus amples renseignements sur l’audit et la chaîne de blocs vous seront proposés prochainement.

 

À propos de Michael P. Cangemi

 

Michael P. Cangemi est agrégé supérieur à la Rutgers University et siège au conseil consultatif du laboratoire d’audit continu et d’information de Rutgers (Continuous Auditing and Reporting Lab). Ancien directeur financier et PDG, écrivain prolifique, conférencier actif et conseiller principal de diverses entreprises, M. Cangemi se concentre aujourd’hui sur l’audit continu, la surveillance continue et l’intelligence analytique pour améliorer les processus de gouvernance, de gestion des risques et de conformité, des finances et de l’entreprise. Il siège au comité des finances et de la technologie du FEI et à son sous-comité de gouvernance, de gestion des risques et de conformité, au comité consultatif éditorial de l’EDPACS et au comité consultatif de l’audit de Libra, se consacrant à l’audit des chaînes de blocs. Son livre Managing the Audit Function (3e édition) est publié par Wiley et a été traduit en chinois et en serbe.